Guides d'achat 5 min de lecture

Guide d'achat : veste softshell homme

Tissu stretch, DWR, sans membrane : ce qu'est vraiment un softshell, quand l'utiliser et comment le choisir.

Par Joey Serradji

Le softshell est la veste la plus mal comprise du vestiaire technique. On lui attribue souvent des propriétés qu’il n’a pas — imperméabilité totale, isolation thermique — et on passe à côté de ce qu’il fait mieux que tout autre vêtement : combiner mobilité, respirabilité et protection modérée dans un seul tissu.

Un softshell n’a pas de membrane imperméable. C’est un tissu tissé stretch avec traitement DWR, parfois doublé d’une polaire légère. Il résiste à la pluie légère et au vent modéré. Face à une pluie soutenue, il trempe. Ce n’est pas un défaut de fabrication — c’est la définition du produit.


Ce qu’il faut regarder

La composition du tissu extérieur. Les meilleurs softshells utilisent des tissus Schoeller (Suisse) : Schoeller Dryskin, Schoeller WB-400, Schoeller c_change. Ces tissus combinent stretch mécanique élevé (4 directions), résistance à l’abrasion et DWR durable. Un softshell sans indication du tissu technique utilisé est généralement une veste en polyester stretch ordinaire avec un traitement DWR basique.

Le pourcentage de stretch conditionne la liberté de mouvement. Un tissé 2D (vertical uniquement) limite les gestes amples. Un tissé 4D (toutes directions) permet une mobilité complète. Pour l’escalade, le ski de randonnée ou le trail, le 4D est nécessaire. Pour l’usage urbain, le 2D suffit.

Le poids du tissu extérieur est un indicateur de durabilité et de protection au vent. Un tissu léger (< 150 g/m²) est packable et respirant mais offre une protection au vent réduite. Un tissu plus lourd (200-280 g/m²) coupe le vent efficacement et résiste mieux à l’abrasion, au prix d’une mobilité légèrement réduite.

La fraîcheur du DWR. Le DWR se dégrade avec les lavages et le temps. Un softshell acheté neuf performe bien en résistance à l’eau légère. Après 20-30 lavages sans entretien, les performances chutent significativement. Le DWR se régénère par chaleur et se remplace par spray. C’est un entretien à prévoir, pas une anomalie.

La doublure intérieure. Certains softshells intègrent une doublure polaire légère (100 g/m², Polartec Classic 100) pour ajouter une marge de chaleur. D’autres ont une doublure mesh (confort contre la peau, pas de chaleur ajoutée). D’autres encore sont sans doublure — pour une superposition en milieu de gamme ou comme couche extérieure légère en été.

La capuche est facultative mais structurante. Une capuche bien ajustée avec cordon de serrage latéral améliore la protection en conditions dégradées. Sans capuche, le softshell est un vêtement de transition et de mobilité, pas de protection.


Les usages types

Activité outdoor active : ski de randonnée, escalade, trail en conditions sèches. Priorité au stretch 4D, tissu Schoeller, poids réduit. La respirabilité prime sur la protection à l’eau.

Transition urbaine : déplacements à pied, vélo, journées variables. Priorité à la coupe, à l’aspect visuel (softshells Veilance, Arc’teryx Gamma MX), à la polyvalence bureau/extérieur.

Voyage : légèreté, packabilité, polyvalence. Softshell 2.5L ou tissu léger, capuche intégrée si possible.


Les gammes de prix

100-200 € : entrée de gamme softshell fiable. Tissu stretch polyester avec DWR correct. Marques : Salomon Wayfarer, Columbia, Mammut Stoney.

200-350 € : milieu de gamme avec tissus techniques identifiés. Schoeller Dryskin ou équivalent. Coupes soignées, durabilité supérieure. Marques : Arc’teryx Gamma LT / MX, Cotopaxi Cielo, Patagonia Crux (discontinué mais disponible d’occasion).

350 € et plus : haut de gamme avec Schoeller WB-400 ou c_change, coupes alpines précises. Norrøna Falketind Flex1, Arc’teryx Gamma SV, Arcteryx Veilance Context (usage urbain premium).


Les marques à connaître

Arc’teryx : gamme Gamma. Gamma LT (léger, urbain), Gamma MX (robuste, outdoor), Gamma SV (alpine, conditions extrêmes). Coupes précises, tissus Schoeller.

Norrøna (Norvège) : Falketind Flex1 — tissu Schoeller très stretch, construction impeccable. Référence sur le segment alpine.

Cotopaxi : rapport qualité/prix intéressant. Couleurs distinctives, tissus corrects. Bonne option intermédiaire pour l’usage urbain-outdoor.

Arcteryx Veilance : Nemis et Context Jacket — softshell à coupe urbaine, sans capuche pour certains modèles, esthétique minimaliste. Prix premium.

Haglöfs (Suède) : L.I.M. Crown et Roc Sheer. Légèreté extrême, stretch élevé. Moins présent en France, disponible en ligne.


Ce qu’il faut éviter

Utiliser un softshell comme hardshell : une pluie soutenue de 15 minutes traverse un softshell. Si l’usage prévu implique des pluies régulières ou intenses, un hardshell avec membrane est nécessaire.

Acheter un softshell à tissu non identifié : sans indication du tissu (Schoeller, Polartec NeoShell, tissu propriétaire avec specs), il est impossible de comparer les performances. Beaucoup de marques vendent des vestes en polyester stretch ordinaire au prix d’un softshell technique.

Négliger l’entretien DWR : un softshell dont le DWR est mort perd 60 % de sa valeur. Un passage au sèche-linge à basse température ou un spray DWR après lavage maintient les performances.


Le softshell est l’outil de transition entre une couche intermédiaire et un hardshell. Il couvre la plage d’utilisation la plus fréquente : temps frais et sec à légèrement humide, activité physique modérée à intense. Choisir selon l’usage dominant — outdoor technique ou urbain — puis identifier le tissu utilisé avant d’arbitrer sur le prix.

Aller plus loin